L’aube d’un jour nouveau

La vieille porte en bois déjà entrebâillée laisse entrer les premiers chants d’oiseaux. Le ciel est couleur d’encre mais du côté de Saint-Pons, l’horizon doit pâlir.
Matthieu hésite encore. Franchir le seuil, peut-être pour toujours? Quitter les faux-semblants, est-ce bien ce qu’il veut ?
Oui. Il le faut. Le regard de sa mère, hier soir, dardait un tel mépris. Il aurait préféré une gifle. Une claque s’oublie et parfois se pardonne. Mais l’estoc du mépris est blessure fatale. Jamais il n’oubliera les mots qu’elle a vomis : « Pas de pédé chez moi ! Demain, tu fous le camp. » Elle voulait en découdre ; Matthieu n’a pas parlé, ni crié, ni pleuré. Il s’est levé, a repoussé sa chaise, est monté dans sa chambre. Quelques affaires fourrées dans son petit sac-à-dos pas du tout adapté. Les heures ont traîné. Les volets grand ouverts sur la nuit diffusaient une lumière spectrale sur ses vieilles affiches d’enduro.
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Merci beaucoup Brigitte. Le plus important étant le chemin, je vois mes essais comme des occasions d’amusement. Un roman entier, c’est autre chose, c’est plus fastidieux.
Belle écriture agréable à lire . Bonne continuation à toi pour d’autres essais jusqu’à l’aboutissement d’un livre 😘
Partir d’une porte entrebaillee et nous amener là où vous nous amenez…Impressionnant !Ecriture sensible et pas convenue, je suis votre premier fan !